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<p>Digo O Dives</p>

Digo O Dives

Si aujourd’hui le swing manouche a plus que jamais le vent en poupe, cela est dû en partie au travail de pionnier de musiciens comme le guitariste strasbourgeois Mandino Reinhardt. Formé dans la tradition orale et familiale, cette figure incontournable du style depuis plus de 25 ans n’est pas seulement un formidable musicien au charisme certain, c’est aussi un pédagogue original, reconnu et recherché qui enseigne la guitare manouche depuis des années par des techniques d’apprentissage orales et visuelles au sein d’associations œuvrant pour la promotion de la culture tsigane.
Pour son nouveau quintette, Mandino renoue avec la formule instrumentale d’avant-guerre du quintette du Hot club de France de Django Reinhardt et Stéphane Gappelli : une contrebasse, deux guitares rythmiques, un violon, une guitare solo. Fin styliste au phrasé limpide, sensible et toujours mélodique, Mandino a le souci de la clarté et de la respiration ; ses chorus, toujours personnels, témoignent d’une maturité, d’un sens musical et d’une sérénité plutôt rares. Il a trouvé en Costel Nitescu, violoniste virtuose à la fois swinguant et sentimental, un partenaire à la hauteur ; propulsés par un poum tchak exemplaire, les deux solistes ne versent jamais dans le spectaculaire, ce qui ne les empêchent pas de dialoguer merveilleusement, s’envolant à tour de rôle pour se retrouver dans des unissons tirés au cordeau. Le répertoire se compose pour moitié de reprises dénotant un souci constant d’arrangement et de mise en place (les magnifiques interprétations de Portocabello ou Stompin’ at Decca) et pour moitié de compositions inspirées de Mandino qui prolongent et renouvellent brillamment le style : Davïdo, un très beau boléro dédié à son fils, Garsïk une valse enlevée ou Pas encore une ballade au climat apaisé aux accents plus modernes où Mandino poétise finement. Prolongeant une tradition inaugurée par le violoniste Schnuckenack Reinhardt à la fin des années 60 en Allemagne, les trois chansons en romanès, interprétées avec sentiment par Soni, introduisent une fraîcheur et une respiration bienvenues dans le répertoire ; elles reflètent aussi les préoccupations, les sentiments et les aspirations d’une communauté très attachée à sa langue.
Du swing manouche d’aujourd’hui interprété par un quintette haut de gamme sachant conjuguer maturité, sens musical et sérénité. On est sous le charme !
Francis Couvreux Chroniqueur pour les Etudes tsiganes

    Mandino Reinhardt - Interprète