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Django Brasil

Django Brasil

Au-delà de la surprise, ce nouveau projet de l'accordéoniste Ludovic Beier trouve très naturellement sa légitimité, l'objet recélant en lui-même une série de prédispositions pour le moins favorables au traitement proposé (« brasilianisation » des thèmes de Django). Entreprise par ailleurs solidement arrimée ici et là, puisque le leader s'est entouré pour l'occasion de Thierry Moncheny (guitare) et Matthieu Guillemant (percussions), familiers de la pulse brésilienne, auxquels se joint en soliste Samson Schmitt, fleuron de la nouvelle génération des guitaristes manouches (toucher, articulation, phrasé, virtuosité, précision). Casting irréprochable donc, bordant parfaitement le sujet, de part et d'autre. Mais si de fort réjouissantes pépites émaillent agréablement cet opus (accents de valse vénézuélienne pour « Montagne Sainte-Geneviève », déhanchements rythmiques de « Rythme Futur », alternance de mesures à 4/4 et à 3/4 dans l'exposé de « Dînette »), objet d'un travail soigné (codas de « Nuits de Saint-Germain-des-Prés », « Impromptu » ou « Montagne », multiples réharmonisations), on le doit aussi bien au talent et à l'expérience de Ludovic lui-même, qui n'a pas côtoyé les Ivan Lins, Eliane Elias, Oscar Castro Neves, Romero Lubambo et autres Brésiliens de New York pour rien. Le voici donc, suivant une intuition féconde, et loin des clichés trop rebattus, distillant « son » hommage à Django. Foi d'accordéoniste.
Max Robin