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<p>Sujet Libre</p>

Sujet Libre

On a trop souvent restreint l’univers de Mengo aux thèmes des chansons qui l’ont fait connaître: l’amour, ses nostalgies et ses déchirures. . En réponse à cette image bien trop réductrice, le toulousain épris des grands espaces a donc choisi d’oublier les cloisonnements, les formats, les styles, tout ce qui de près ou de loin peut restreindre ou contraindre. Une liberté comme une revendication farouche et profonde, conforme à ce qu’il est: «Sujet libre».
Art Mengo, face à cette immense page blanche, s’est donc laissé envahir de doutes et de questions sur les tribulations de la grande Histoire. Avec l’aide de ces paroliers et complices, Marie Nimier, Marc Estève et Thierry Illouz, il a choisi d’évoquer les destinées invisibles, les trajectoires anonymes. Ciao Wiedersehen et ces femmes tondues après la guerre. Randonnées en famille et ces parents, les siens, qui traversent les Pyrénées pour fuir l’Espagne franquiste, bagages et enfant dans les bras. Mais Mengo n’est pas historien, il rêve aussi aux bourgeonnements du possible, à ce qui aurait pu advenir: Professeur Barnard, médecin sud-africain, aurait pu greffer un cœur de zoulou dans un corps de blanc. La Nouvelle Arche convoque un nouveau Noë pour reconstruire et "tout recommencer". La fidélité et la confiance à l’égard de ses musiciens (en particulier Loïc Pontieux et Lionel Suarez) forment le point de départ talentueux pour s’aventurer du jazz à la variété, qui n’a jamais aussi bien porté son nom.
Que ceux qui l’ont aimé et suivi fidèlement soient toutefois rassurés : parmi les 11 titres qui figurent sur l’album, on reconnaît sa douce patte, son élégante pudeur; Je me suis réveillé fragile parle d’un masculin mis à nu, Bagatelle valse sur un amour léger, En attendant Beckett flâne de rimes en ronde hommage au dramaturge.
Mengo est aussi libre d’être là où on l’attend, dans cette complicité joyeuse qu’il a nouée avec son public.