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<p>La Forcelle</p>

La Forcelle

Rien ne semblait prédisposer Marc Perrone, né en 1951 à La Courneuve, à devenir ce virtuose de l’accordéon diatonique, lui qui débuta par la guitare à 15 ans et qui n’aimait pas l’accordéon. Il découvre cet instrument en 1971, lorsqu’il joue dans des spectacles où il est à la fois musicien, comédien ou marionnettiste. Il est sensible à cette âme particulière de cet instrument populaire au sens noble du terme, qui semble expirer sous la caresse des doigts, dans l’intimité de son souffle.

Musicien empirique à la découverte des soupirs et des mémoires, il sublime la rusticité de son instrument, révélant le secret des émotions, même et peut-être surtout, les plus humbles. Marc Perrone joue ainsi une musique de la découverte de l’autre à travers l’émotion, musique de la fragilité qui en révèle les secrets à chaque mesure. En même temps, cette révélation n’est pas sinistre, mais, bien au contraire, jubilatoire. C’est que l’expression est libératrice de l’émotion elle-même.

Cette disponibilité intérieure à l’autre est, chez Marc Perrone, doublée d’un sens aigu de la fête comme libération et partage. Cela le rapproche de certains musiciens comme Bernard Lubat avec qui il partage ce goût du collectif. Son travail incessant avec le cinéma va dans le même sens. La musique de Marc Perrone rend compte de cette quête de la profondeur des évènements et des sensations, en cela elle est un complément de choix à certaines images filmées dont elle permet de souligner la profondeur, sans pour autant avoir recours aux clichés spectaculaires. Elle bat d’un étrange rythme occulte qui semble venu des entrailles de la terre, elle respire des mélopées âpres mais qui résonnent en nous avec une familiarité particulière, même lorsqu’elles semblent aussi éloignées qu’une valse, une danse italienne, une musique d’un film de Bertrand Tavernier ou d’une fête "free-jazz".