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<p>Grandes figures du flamenco, vol. 3</p>

Grandes figures du flamenco, vol. 3

La Niña de los Peines

Collection dirigée par Mario Bois
"La Nina! Sous cette appellation familière, ceux qui, comme moi, ont approché Pastora Pavon gardent le souvenir d'un être sans apprêt mais de qui émanait une puissance calme et étrangement lumineuse. Lorsqu'elle entonnait son chant la nuit et le jour l'éclairaient ensemble. Mais rien n'assurait encore avec certitude le miracle dangereusement cherché. Et à l'improviste, un son noir, profond et irradiant, éclairait toute une constellation de l'espace sonore, plongé jusque là dans les ténèbres. "El duende !..." Lorca a comparé son art aux génies hispaniques et sombres de Goya et du matador "El Gallo" : Écoutez-la : sa voix, désarmée pourtant, réduit la forme, la technique et les constructions savantes à un rôle de recours frivoles. A la fois Pythie et Sibylle, pleureuse antique ou prêtresse redoutable, saluant "aux balcons du ciel " l'apparition de la divinité-femme, elle conclut son adoration dans un sanglot incorporé - par quel art sans couture! - à la trame mélodique. La Nina de los peines apparaît bien comme l'héritière élue d'une musique aux multiples racines. Elle en a réalisé la synthèse la plus incandescente. Elle a pu exalter tous les genres, depuis le Tiento saturnal et nocturne, jusqu'à la Saeta aveuglée de soleil et aux chants de fête. Ces chants de fête dont la vivacité tragique semble sceller le destin par ce 6/8 insaisissable et multiforme dont seuls les fils du soleil connaissent, sans les avoir apprises, les énigmes chiffrées. "
Maurice Ohana

    La Niña de los Peines